La légende
L’histoire commence vers le XIème ou le XVème siècle (les historiens ne sachant pas toujours la situer avec exactitude) au royaume de Dagomba, dans la ville de Gambaga située dans le nord du Ghana actuel.

Tableau de la princesse Yennenga
Un grand Roi, Nédega régnait sur le Dagomba et assurait la paix, la sécurité et la prospérité de son peuple. Un royaume qui était fort et prospère apporte toujours son lot de jaloux et le roi était sans cesse attaqué par les peuples voisins, principalement par les razzias des guerriers Malinkés qui habitaient plus au sud. Mais le roi et ses soldats, dont une légendaire cavalerie, défendaient vigoureusement le pays et parvenaient sans cesse à gagner les batailles.
Nédega n’avait pas encore de garçon pour assurer la descendance de son règne mais avait une fille qu’il adorait et avait chéris et élevé comme son garçon. Elle était née sous le nom de Poko mais avait grandis aux contacts des guerriers de son père et était une guerrière du nom de guerre de Yennenga. Le roi et ses guerriers étaient donc aidés par la princesse Yennenga, une amazone extraordinaire, qui à la tête de la cavalerie défendait et conquérait des territoires. Elle vivait comme un guerrier, comme un fils de chef, montait à cheval mieux que les guerriers du Roi Nédega son père. Elle se servait admirablement bien de ses armes traditionnelles : elle lançait la sagaie et le javelot, combattait les ennemis de sa lance, les transperçait avec les flèches de son arc. Elle menait au combat les guerriers et la cavalerie de son père le Roi Nédega.
N’ayant pas de fils et éperdument fier de la princesse Yennenga qui lui était si précieuse, celui-ci retardait le moment de la marier et la reine-mère Napoko en souffrait beaucoup, car c’est le rôle d’une mère que de marier sa fille. Celle-ci, pour attirer l’attention du roi, décida de semer un champ de Gombo qu’elle laissa mûrir et pourrir sans le cueillir. Le roi qui s’indigna de l’état du champ de Gombo lui demanda la raison. Elle lui répondit que l’évolution du champ est comme celle de sa fille : « Si un fruit mur n’est pas enlevé, il durcit où il pourrit sur l’arbre » dit-elle. Le roi décida de se résigner et de trouvé un prétendant selon la coutume.

Statue en bronze de la Princesse Yennenga
Un jour le royaume fut une fois de plus attaqué par les Malinkés, la princesse Yennenga rassembla les guerriers de son père et après les avoir combattus, elle décida de les poursuivre. Elle arriva à rejoindre et à capturer un de leurs chefs. Sur le chemin du retour, le cheval de la princesse s’emballa et se mit à courir sans s’arrêter. Le cheval poursuivit sa course folle sans arrêt jusqu’à une rivière où il s’embourba projetant la princesse Yennenga dans la rivière. C’est en ce moment qu’un chasseur d’éléphant, répondant au nom de Rialé, qui était en brousse la repêcha et la ramena jusqu’à son campement. Après que cette dernière eut repris ses esprits et se soit remis, Rialé tomba sous le charme de la princesse Yennenga. Leur union torride, donna comme fruit un garçon qu’ils décidèrent de nommer Ouédraogo, qui signifie « cheval mâle » ou « étalon» en souvenir du cheval de Yennenga qui lui avait fait rencontrer Rialé.
Mais Yennenga s’inquiétait du Royaume et de son père et pressa Rialé de l’accompagner dans le royaume Dagomba. Le roi, fût très heureux de revoir sa fille, la princesse Yennenga accepta alors Rialé comme gendre. Quand la princesse et Rialé demandèrent à partir du royaume pour fonder leur propre village, le roi leur fit des dons de bœufs, de moutons, de chèvres, de fournitures diverses et quelques serviteurs en plus de leur confier environ trois cent sujets avec lesquels ils iront s’installer vers le sud du Burkina Faso actuel pour et y créèrent le premier royaume Mossi (Moagha au singulier), le royaume de Tenkodogo (la veille terre).
Le fils de Yennenga et premier Mogho Naaba, Naaba Ouédraogo continua de régner sur ce royaume et eut lui-même deux fils (des Nakomsé) : Naaba Rawa et Naaba Zoungrana. Naaba Rawa se dirigea vers le Nord d’où il chassa les Dogons qui migrèrent vers le Mali, et créa le royaume mossi du Yatenga avec pour capitale Ouahigouya. Le second resta dans le royaume de son père et le consolida. Un cousin de Ouédraogo, Diaba Lompo partit vers l’est et créa le royaume du Gourma près de l’actuel Fada N’gourma. Ce dernier royaume ne fait actuellement plus partis officiellement de l’empire Mossi, mais son histoire restera attaché de près à celle de la formation du royaume Mossi issue de la descendance de Yennenga fille de Nédega Roi du Dagomba.